Le Bocage - Journal du jardin


Carnet d'observations, d'expérimentations et de réflexions

dans le cours du jardinage d'un boisé en Haute-Amérique


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30 septembre 2007

Éloge du pulvérisateur

photo M.-J. MusiolMélange soleil-nuages, minimum 2 °C, maximum 17 °C.

Petit bilan de cette courte saison de jardinage estival (étant donné que mes travaux hivernaux se sont prolongés jusqu'au premier juillet...).

J'ai profité de la sècheresse pour poser du ciment sur le bord des gouttières des trois premières cascatelles afin que l'eau (lorsqu'il y en aura) s'écoule bien vers leur bout, et non par leurs côtés.

Cinq jeunes arbres, morts ou mal formés, ont été abattus. La structure du boisé semble avoir atteint un point d'équilibre pour l'instant.

Quatre plants de raisin d'ours (arctostaphylos uva-ursi)ont été installés dans le talus entre La Réserve et l'escalier. Deux cotonéasters (cotoneaster lucidus) pour la haie devant suivre la bordure nord-est, près de la rue. Un sumac vinaigrier (rhus hirta) pour remplacer une viorne (viburnum dentatum) du bord de la rue qui n'a pas survécu à la galéruque.

La base de l'escalier a enfin été construite (contour en blocs de béton, intérieur rempli de débris de béton et de ciment). Le reste des débris disponibles et de nombreuses pierres dégagées lors des plantations sont allés dans le plancher de L'Enceinte, actuellement recouverte d'une toile afin d'inhiber les repousses.

La platebande de pétasites a été dégagée des herbes et recouverte de papier journal, puis d'un paillis de feuilles. Puis quatre ligulaires (ligularia stenocephala 'The Rocket' y ont été plantées. Des pétasites sauvages y seront bientôt transplantées à partir de l'emplacement de la future remise à construire en cour avant.

Une section de la La Réserve dans le talus a été dégagée pour recevoir la pépinière et trois plants de consoudes offertes par mon amie Andrée ont été plantés entre le ruisselet et les tas de compost.

Après avoir recouvert de bonne terre la section de l'ancien ruisseau contournant Le Salon, j'ai commencé à y transplanter des fougères. De l'autre côté du sentier, des bugles rampantes ont été plantées pour mettre en évidence un gros rocher.

Des fougères, des trilles rouges, des smilacines, des carex ont été transplantés d'un coin à l'autre du jardin. Les tricyrtis de l'actuelle pépinière sur la galerie de la maison vers leur platebande, du coté opposé du sentier entre l'Enceinte et la platebande de pétasites. Le reste des semis de l'hiver dernier et les prochains semis d'automne iront passer l'hiver dans La Réserve.

D'un été à l'autre, l'apparence du Bocage a peu changé cette année, à part pour les abattages de l'hiver. Car j'ai eu de temps à consacrer aux plantations et que la croissance a été lente en cet été qui s'est avéré très sec.

Heureusement, il reste encore un bel automne de jardinage (surtout des transplantations à faire) et un autre hiver de travaux à effectuer (aménagement des planchers du Salon et de l'Enceinte, puis débitage de bois en buches).

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Mon pulvérisateur à engrais foliaireVoici un appareil théoriquement tout désigné pour le jardinage en boisé, c'est-à-dire là où règne la compétition racinaire. Cette dernière est ici si forte que des arbustes réputés à croissante rapide ou même envahissants grandissent avec une lenteur désespérante, voire régressent dans les premières années qui suivent leur implantation. Or, il ne sert à rien de déposer de l'engrais ou du fumier à leur pied. Les arbres autour y pigeront nettement plus que les pauvres arbustes qui devront se contenter de miettes. La solution proposée par des auteurs comme Larry Hogdson est donc de leur offrir très sélectivement l'engrais grâce à un épandage foliaire. J'ai commencé à faire ce type d'intervention cet été. Les plantes choyées en ont profité. Cependant, je me demande si avec un dosage un peu plus important, une meilleure technique et un été plus humide, les résultats n'auraient-il pas été meilleurs et plus probants.

Quant au dosage, j'ai d'abord employé sur une base hebdomadaire une émulsion d'algues marines (0,1 – 0,04 – 6,5). Il s'agit donc essentiellement de potassium qui renforce la capacité des plantes à résister aux maladies et insectes. En cours de route, j'y ai ajouté un peu de concentré d'engrais liquide (10 – 15 – 10), mais au tiers, voire au sixième, de la quantité recommandée. Je crois qu'il vaudrait mieux que je tente d'essayer avec une pleine dose. Il faut dire que je souhaitais éviter de surfertiliser. Il apparait cependant qu'il faudrait des quantités nettement plus importantes pour causer quelque dommage que ce soit puisque les arbres vont immédiatement absorber tout éventuel surplus.

Quant à la technique, au début je n'arrosais surtout que le dessus des feuilles. Or, d'après le site du Jardin botanique de Montréal, il vaut mieux arroser les deux côtés en brume fine. D'autant plus que les stomates qui constituent autant de portes d'entrée dans la plante se situent surtout en dessous. On y recommande aussi d'ajouter quelques gouttes de savon liquide à vaisselle afin d'améliorer l'adhésion du produit au feuillage. Un autre avantage du savon que j'ai découvert est que la mousse permet de mieux voir et contrôler la montée du niveau d'eau dans le réservoir du pulvérisateur.

Comme la saison d'engraissement se termine, ce ne sera probablement que l'été prochain que je pourrai donc véritablement éprouver l'efficacité de l'engraissement par vaporisation foliaire.

Quant au pulvérisateur, je peux affirmer avoir choisi un bon modèle. Il s'agit d'une petite bombonne d'une capacité d'un peu moins de 7 litres. Elle fait en réalité plus de 10 litres, mais il faut garder un espace libre pour y comprimer l'air qui provoque le jet. Il existe des modèles nettement plus volumineux qu'on porte sur le dos, mais ils seraient malaisés à manœuvrer dans les talus, entre les arbres et arbustes ainsi qu'en chevauchant les roches et ruisselets. En outre, un tel attirail me donnerait une allure inquiétante auprès des voisins puisqu'ils sont associés à l'épandage de produits chimiques. J'ai donc préféré une bombonne comprenant des œillets d'y attacher une bandoulière.

Le modèle retenu n'est cependant pas un de ceux expressément offerts pour le jardinage. Car ils sont généralement conçus pour la pulvérisation au pied de la personne qui les utilise (notamment pour passer des herbicides contre les « mauvaises herbes »). Or en boisé, il vaut mieux un long boyau et une longue tige afin d'atteindre autant le dessus que le dessous du feuillage malgré les obstacles. J'ai donc opté pour un pulvérisateur pour le traitement du bois ou de la maçonnerie dont le boyau fait 2,4 mètres et la tige près d'un mètre (sans compter la poignée et la commande). L'embout d'arrosage offre un jet plat qui se maintient en brume tant que la pression est suffisante. Il faut donc réutiliser la pompe lorsque le réservoir est à demi vide pour rétablir la pression.

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02 juillet 2007

Fin des travaux d'hiver !

photo M.-J. MusiolMélange soleil nuages et quelques averses, maximum 20 °C.

Eh oui. J'ai terminé le ménage des travaux d'hiver. Ces deux dernières fins de semaine ont été consacrées à déplacer vers la maison l'essentiel des buches accumulées depuis l'automne, et le reste vers La Réserve. Il était temps.

Hostas d'AndréeL'empilage de bois va aider à masquer le matériel entreposé dans La Réserve (piles à compost, sacs de feuilles mortes, sacs de terre, sacs de gravier, sections du bouleau jaune (betula alleghaniensis) élagué par l'arboriculteur ce printemps, clôtures à neige) en attendant que la végétation autour puisse assumer totalement ce rôle d'écran. Je compte y favoriser des conifères qui masqueront à l'année.

J'avais auparavant aussi terminé l'épandage du BRF sur le sentier (en m'en gardant un peu pour le raccord avec la future base de l'escalier. J'ai aussi installé les trois grosses pierres plates servant à franchir les ruisselets.

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Hosta d'Andrée vu du sentierLe 24 juin, date d'anniversaire de l'amie Andrée, j'ai planté les deux hostas qu'elle m'avait offerts quelques semaines auparavant (voir première photo). Les tout premiers hostas dans Le Bocage. Voilà le cadeau que je me suis fait en souvenir de cette grande amie, que je considère telle ma jumelle. Ces hostas apparaissaient volumineux sur le balcon en ville, mais se trouvent pour l'instant un peu perdus une fois dans le boisé (portion supérieure gauche de la seconde photo où on voit également le sentier avec son BRF frais et l'une des pierres de franchissement de ruisselet).

J'ai fait un épandage foliaire de fer sur les cornouillers à grappe (cornus racemosa) carencés. Il me faut, en principe, attendre un mois avant de décider d'un éventuel second traitement.

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18 juin 2007

Phénologie de l'été 2007

photo M.-J. MusiolPremier jour de l'été : 8 juin 2007. À partir de ce jour, les maximums se sont maintenus durablement au-dessus des 22 °C.

Cette été aura été caractérisé par sa sécheresse (l’un des plus sec enregistré depuis 60 ans) et sa longueur (presque quatre mois).


Mi-juin : Les lits des ruisselets sont humides, sans plus. Les quatre-temps (cornus canadensis), myosotis et aspérules odorantes (galium odoratum) continuent d'être en fleur.


Fin juin : Les lits des ruisselets sont toujours qu'humides, sans plus, même s'il est tombé plus de 30 mm de pluie en moins d'une semaine. Vers la fin de la période, c'est maintenant au tour des sureaux rouges (pubescents, sambucus pubens) d'être plein de fruits bien rouges et des sureaux blancs (du Canada sambucus canadensis), magnifiquement en fleur.


Début juillet :Malgré quelques bonnes ondées, les ruisselets ne sont toujours qu'humides. Découverte d'un plant de pyrole elliptique (pyrola elliptica) en fleur, probablement la seule fleur actuellement avec celles des sureaux blancs.


Mi-juillet :Les ruisselets ne sont toujours qu'humides. La pyrole elliptique est encore en fleur. Et maintenant les hostas offerts par mon amie Andrée. Les quatre-temps sont en fruits.


Pyrole elliptique (pyrola elliptica)Fin juillet : Pendant quelques jours l'eau a coulé dans les ruisselets suite à quelques bons orages qui ont amené plus de 60 mm de pluie. Cependant, très vite ils se sont taris à nouveau. La plupart des sureaux blancs sont en fructification alors que certains viennent en floraison. Déjà certains trilles rouges (trillium erectum) sont disparus.


Début aout : Ruisselets toujours qu'humides, même après un rare orage ayant laissé 20 mm de pluie. Les impatiens de Madagascar (peut-être impatiens tuberosa) ont commencé à fleurir.


Fin aout : Ruisselets à toujours à sec. Impatiens de Madagascar en pleine floraison.


Début septembre : Ruisselets à sec, décidément. Impatiens de Madagascar en pleine floraison.


Mi-septembre : Ruisselets à sec. Frênes, bouleaux jaunes et tilleuls jaunissent. Les smilacines sont d’un jaune lumineux. Quelques fougères se fânent.


Fin septembre : Ruisselets à sec. Quelques frênes ont tout perdu leurs feuilles.


Début octobre : Ruisselets à sec.Tous les feuillus jaunissent, sauf les tilleuls qui conservent une certaine verdeur. Les impatiens dans le talus ont cessé de fleurir.


6 octobre : Fin de l'été. Les températures maximales sont passées sous les 22 °C.

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05 décembre 2006

Phénologie locale

Phénologie, n.f. : (Botanique) Étude des stades de développement d'une plante, en particulier des phénomènes périodiques comme le débourrage, la floraison et l'entrée en dormance, liés aux changements climatiques saisonniers de température et de photopériode.

Ici, il s'agit de noter l'évolution saisonnière des plantes individuelles et du jardin comme ensemble. Si je pouvais faire des observations quotidiennes je pourrais contribuer à des travaux de chercheurs à travers des projets comme Opération floraison ou Veille au gel.

Ne pouvant faire d'observations quotidiennes, celles compilées dans ce journal portent sur de plus longues périodes d'une dizaine de jours. Ce n'est pas suffisamment précis pour des fins scientifiques, mais parfaitement satisfaisant pour des fins de jardinage. Lorsque j'aurai accumulé suffisamment d'observations, je pourrai composer un tableau synthèse de la phénologie du Bocage.

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